Edito Yves Delafon septembre 2016

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« Chacun d’entre nous, tôt ou tard, devra s’asseoir au banquet des conséquences ! »

 

Avec ces quelques mots, le romancier et voyageur Robert Louis Stevenson interpelle magistralement notre humanité.

Il nous confronte directement à notre responsabilité quotidienne, personnelle et publique.

Il nous rappelle, non seulement que chacun de nos actes doit être conséquent, mais aussi qu’ils vont tous, à plus ou moins grande échelle, dessiner notre l’avenir.

Il nous oblige à la vigilance dans nos analyses et au courage de l’intelligence – dont l’absence est certainement plus due à la paresse qu’à la génétique.

Le discours politique, relayé par des médias à l’image d’attentes façonnées par la sensiblerie et la facilité est, globalement, d’une pauvreté et d’un simplisme affligeants. Il est généralement inconséquent, principalement démagogique, et nos élites feignent d’en ignorer les inévitables conséquences.

Cette période pré-électorale est particulièrement exemplaire de l’absence de courage des uns, comme de la passivité des autres.

Les émotions faciles sont exploitées aux dépends des questions de fond, les causes sont ignorées.

L’analyse partisane de l’identité nationale étouffe les valeurs républicaines, le burkini affole la raison.

A Belfort, la délocalisation envisagée de l’usine Alstom devient cause nationale et chacun s’y investit la main sur le cœur. Qu’en serait-il s’il était question de véritable délocalisation, de désindustrialisation ? S’il ne s’agissait pas « simplement » d’aller en Alsace, d’une question de gestion d’entreprise, voire d’aménagement du territoire ?  C’est difficile pour Belfort, mais que n’entendons-nous pas la satisfaction de Reichshoffen, commune française qui devrait en bénéficier ?

La très forte hausse du chômage en août, outre le drame qu’elle représente pour plus de 50 000 personnes directement, nous rappelle que l’absence d’emploi est, là aussi, la suite logique de l’inaction, et non pas une « donnée brute ». Qu’il est inconséquent de se focaliser sur son traitement, plutôt que sur ses causes. Quand on se casse régulièrement la jambe sur une plaque de verglas, on envisage d’abord de supprimer cette dernière avant de concentrer énergie et finances sur l’ambulance et l’hôpital.

 La construction de l’idéal européen est, pour la première fois, véritablement menacée par une confusion aberrante entre problème et solution. Quand une maison, qui reste pourtant le meilleur endroit où vivre dans le Monde, est mal construite, on la répare ou on la reconstruit, plutôt que de décider de vivre dans la rue.

A Gardanne, au prétexte d’une écologie d’opportunité, le calcul politique d’une ministre en mal de survie médiatique menace directement l’usine Alteo. Ceci en opposition au fonctionnement républicain, et en contradiction avec la position de ses propres services.

La démonstration pourrait se poursuivre de ces débats stériles, démagogiques et irresponsables, qui dressent la table de ces banquets auxquels nous n’échapperons pas.

 

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