EDITO OCTOBRE 2015

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Ignorer l’Afrique, c’est ignorer notre propre avenir

 

Longtemps objet plutôt qu’acteur des grandes mutations du Monde, le continent africain est entré dans une ère de transformations profondes qui l’amèneront,  à moyen terme, à tenir une place majeure, susceptible de transformer les équilibres géopolitiques et économiques internationaux.

Deux approches initiales permettent d’appréhender cette nouvelle réalité : La première passe par le constat brut de données géographiques (surfaces, climats, ressources naturelles, terres arables) et démographiques (population, taux de natalité, urbanisation) impressionnantes. Ces chiffres, comme leurs conséquences, sont des faits échappant à toute action ou volonté politique. Ils supposent, par leur rapport à l’évolution, aux besoins du Monde et à la loi naturelle,  des réalités, qui s’imposeront tant à la Communauté internationale qu’aux acteurs économiques. La seconde dépend d’une simple analyse de quelques tendances fondamentales apparues durant la décennie achevée (taux de croissance, gouvernance et entreprenariat, encadrement  et croissance des classes moyennes, culture et formation, nouveaux accords et partenariats, NTIC et téléphonie, opinion publiques et medias, systèmes financiers et consommation, gestion endogène croissante des conflits,…). Ces données sont à la fois des signaux forts et l’annonce d’opportunités politiques et économiques considérables.

Ces constats macroéconomiques sont ensuite largement confirmés, sur le terrain, par des acteurs économiques locaux et étrangers qui, sans sous-estimer les difficultés et contraintes d’un environnement spécifique, ont compris qu’ignorer l’importance  du Continent est suicidaire à brève échéance.

Etant entendu que la taille (60 fois la France), comme la disparité de l’Afrique (57 Etats), ne permettent que très exceptionnellement une approche continentale. Un choix régional s’impose généralement, dépendant, outre du marché et de partenaires, de la langue, des systèmes juridiques et fiscaux, de l’éloignement, des  voies d’accès et des infrastructures, de la sécurité, de l’organisation financière, de la proximité culturelle,…

La conviction d’opportunités économiques considérables (y compris pour les PME), comme celle du rôle géopolitique croissant de l’Afrique, ne doivent toutefois pas faire oublier ses faiblesses.

S’il faut aujourd’hui s’affranchir des visions obsolètes et réductrices du passé, il n’en demeure pas moins que les démons du Continent (mauvaises gouvernances, faiblesse de l’état de droit, corruption, népotisme et clanisme, fragilité sanitaire, pression terroriste,…) perdurent trop souvent et compromettent le développement d’immenses territoires et populations.

Au-delà des données géographiques et socio-économique qui justifient l’afro-optimisme croissant, celui-ci trouve également sa justification dans la perception, la compréhension, de qualités humaines rares qu’ont largement en partage les hommes et les femmes de ces pays : la solidarité, l’hospitalité, la fidélité, l’engagement, l’optimisme, et l’envie d’entreprendre et de réussir.

Tournons nos regards vers le Sud !

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