EDITO OCTOBRE 2014

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Libérons l’Entreprise !

Après celles de la SNCM et de la SNCF, la grève bloquante d’Air France vient de démontrer, une fois de plus et dans le secteur vital des transports, l’impréparation, le manque de conscience et l’irresponsabilité des « partenaires sociaux ». Mais aussi, en écho, l’impuissance de notre modèle social face à ces acteurs, dont les uns cachent le corporatisme sous le masque du social, les autres l’incompétence sous celui de l’habileté, et qui enferment leurs publics pour être sûr d’en avoir un! En 14 jours, la Direction d’Air France et le SNPL ont accumulé trois cent millions d’euros d’amertume, d’image profondément dégradée de la Compagnie, de méfiance générale et les graines d’autres probables conflits sociaux.

Nous savons tous l’état pitoyable des habitudes et du système règlementaire encadrant la représentation syndicale et l’organisation du dialogue social. Faute du courage politique nécessaire à sa refondation, nous devrons encore nous contenter de ces vieux habits dont le mérite unique est de nous rappeler leur nécessité.

Pour autant, nous ne sommes pas condamnés pas à l’impuissance : le « global » nous échappe ? Agissons donc sur le « local ».

Nous en avons chacun la possibilité en revisitant notre façon de travailler ensemble. Notre Monde change, nos façons de consommer, de nous nourrir, de nous soigner, de nous loger et même d’appréhender le monde et de réfléchir, évoluent profondément. Comment imaginer que l’Economie en général, et l’organisation de nos entreprises, en particulier, puissent y échapper ?

De nouvelles approches de l’entreprise émergent, parmi lesquelles celle d’Isaac Getz, co-auteur de l’ouvrage « Liberté & Cie » (Fayard) est un exemple remarquable. Il propose littéralement sa « libération ». Celle-ci passant d’abord par celle de ses Hommes, en privilégiant la confiance à la motivation, la responsabilisation à la hiérarchie, et l’imagination au règlement. Une vision innovante qui peut/doit également s’appliquer aux fournisseurs comme aux clients, dans une conception partenariale où ces derniers, avec les collaborateurs de l’entreprise, ont vocation à devenir des « associés ». Ce n’est pas anodin, ce même schéma se retrouve dans les économies solidaire et circulaire qui sont actuellement mises à l’honneur, et dans lesquelles humanisme, pragmatisme et profit cohabitent naturellement.

Il ne s’agit pas là d’un phénomène de mode mais bien d’une tendance de fond. Ces innovations sans angélisme, et l’intelligence déterminée de ceux qui les mettent en œuvre, feront évoluer notre société et limiteront, sans doute, les gâchis inutiles, coûteux et mortifères, que génèrent régulièrement les conflits sociaux.

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