Edito novembre 2015

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« Les loups sont dans Paris »

 

Au-delà de l’horreur de l’acte, et de la compassion pour les victimes et leur familles, la déferlante de haine qu’a subi Paris nous confronte à nos fondamentaux.

Il y a trop d’urgence pour être pressé, et nos réponses ne peuvent se réduire, ni à une colère aveugle, ni à des solutions lapidaires, aussi démagogiques qu’irresponsables.

Quels sont  les faits ?

Une poignée d’enragés, incultes, manipulés et aveuglés par leur soif d’héroïsme imbécile, tracent une route sanglante et suicidaire au cœur de notre démocratie.

Ils réveillent, en les égratignant, à la fois un corps social puissant bien qu’assoupi, et une vieille nation profonde qui en a vu d’autres.

Il y a, par ailleurs, des commanditaires dont l’orgueil démesuré se nourrit autant de fantasmes idéologiques aberrants, que de la complexité effarante d’un Moyen Orient en guerres multiples.

Malgré leur capacité de nuisance, ni les uns, ni les autres ne sont des interlocuteurs.

Leur seul véritable pouvoir serait que nous puissions accepter un seul instant d’entendre leur « avertissement à la France ». Ils n’auront d’importance que celle que nous leur reconnaîtrons, et pour seule victoire, momentanée,  la peur que nous accepterions, et la désunion qui en résulterait !

Ce sont des animaux enragés et dangereux, en marge de l’humanité.

Mais rien de plus !

Il n’en demeure pas moins que nous devons les éradiquer ici et ailleurs avec nos alliés, et éviter leur retour.

La tâche sera difficile et le temps pour l’achever liée à notre capacité à réparer des décennies de gestion catastrophique de l’intégration sociale, nationale autant que migratoire.

Il n’existe aucune solution rapide, aucun remède miracle, et, parallèlement aux mesures « prophylactiques »  d’élimination et de sécurité, notre premier objectif doit être la prévention de la radicalisation et du passage à l’acte, et notre référence la République.

La fermeture des frontières est une absurdité, non seulement au regard de la réalité du Monde, mais aussi historique. Les seules frontières sans mouvement entrant sont celles de la dictature ou de la misère !

La construction de murs et la pose de barbelés, outre qu’ils ne pourraient jamais empêcher l’entrée de criminels déterminés, auraient également comme conséquence…d’enfermer les victimes avec leur bourreaux potentiels. Les frères Kouachi étaient français.

Notre Pays est magnifique, exemplaire et puissamment attractif pour la très grande majorité des peuples. Les nombreuses et très émouvantes manifestations internationales de solidarité nous le rappellent et nous imposent de nous en souvenir en ne cédant ni aux tentations démagogiques internes, ni aux provocations primaires de l’extérieur.

Victor Hugo, grand artisan de notre nation, nous rappelle cette exigence lorsqu’il écrit : « Ni despotisme, ni terrorisme. Nous voulons le progrès en pente douce ! »

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