EDITO MAI 2015

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En quête de sens !

La surabondance de biens, comme celle d’informations, imposent, depuis des décennies aux médias, aux politiques, comme aux agences de communication, une course permanente aux superlatifs et à la facilité émotionnelle. A défaut de pouvoir s’appuyer sur des valeurs fondamentales (qualité, réflexion, usage, temps, connaissance, engagement, expérimentation,…), ce sont les impératifs de la concurrence et du quotidien renouvelé qui leur imposent d’asseoir leurs messages sur la sensibilité et le superficiel qu’une répétition constante finit par rendre crédibles.

La communication pour exister, virtuellement, passe par l’achat d’un nouveau Smartphone. Le bonheur se trouve dans le caddy du supermarché. La sérénité dépend de la marque de la voiture. Le talent est consacré par la fugacité d’une émission de téléréalité. L’exemplarité est portée par la consommation et le narcissisme L’amour se prouve avec l’achat de nuggets au fromage. A cette récupération nauséeuse du consommateur répond trop souvent celle, tout aussi grossière, du citoyen, de l’électeur.

La souveraineté devient nationalisme, et les erreurs de la construction européenne, bénignes au regard de sa réussite profonde, servent à masquer l’absence de compréhension, de vision et de courage de la plupart des politiques et leaders d’opinion.

La solidarité est dénaturée par la qualification de « partenaires sociaux » d’organisations non représentatives, obsolètes, corporatistes et souvent nuisibles.

La compassion devient sensiblerie, entre autres par l’affichage lourd et médiatisé d’une présence affligée, parfois larmoyante, de l’Etat lors de drames individuels et localisés. La liberté ne s’entend plus que par sa défense. Elle est compromise par le souci de sécurité en général, et le principe de précaution en particulier. En un mot, la peur.

L’égalité s’identifie aux (nécessaires) politiques sociales, et l’indispensable équité qui devrait l’accompagner est ressentie comme une injustice en regard des moins méritants.

La fraternité, seul concept démocratique permettant de concilier liberté et égalité, n’est plus évoquée que par les spiritualités. Il est temps de nous libérer des convenances et des habitudes faciles. De clamer avec l’enfant que « Le Roi est nu ».

Libérons la politique, qui n’est ni un métier, ni une exclusivité, en réformant le statut de l’élu ! Libérons les fonctionnaires en introduisant l’efficience, l’équité et le mérite dans la fonction publique ! Libérons l’Entrepreneur, l’Entreprise et donc l’Emploi, en réécrivant un code du travail équitable, juste et adapté aux réalités économiques et humaines !    

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