EDITO DU PRESIDENT JANVIER 2016

2014

Bravo Madame Le Pen

Avec ses résultats aux régionales, votre parti a fait la preuve de sa légitimité dans notre système politique et dans la République.

Ceci est incontestable, le nier est à la fois faux et inconséquent.

Bien que relatif et loin d’une « vague populaire » (1.5 sur 10 inscrits sur les listes électorales) ce succès est réel et ne peut que nous interroger sur ses origines.

On peut en identifier trois principales.

En posant de bonnes questions vous avez brisé des tabous qu’un consensus idéologique et bien-pensant a imposé depuis des décennies (immigration, souveraineté, sécurité, citoyenneté, Europe…).

Par un discours brutal et sûr de lui, vous vous êtes naturellement distinguée d’une classe politique pauvre en idées et dénuée de courage, paralysée par un statut qu’elle est incapable de remettre en cause.

Enfin, en capitalisant sur l’inquiétude, l’émotion et la déresponsabilisation, vous avez su développer un discours dont le simplisme et l’autorité apparente rassurent faussement un électorat sans mémoire et dupé par l’habileté démagogique, ou, au contraire, nostalgique d’un ordre dangereux.

A l’évidence, ce programme  est insuffisant et ne peut répondre à l’exigence que la culture, l’histoire et les valeurs de notre Pays nous imposent.

On ne peut grandir en désignant des boucs émissaires pour porter nos fautes, et en refusant la richesse de la différence.

On ne peut promouvoir le nationalisme sans générer la haine et la violence.

On ne peut assurer la sécurité en simplifiant les risques et en considérant les menaces en fonction du niveau d’émotion qu’elles génèrent.

On ne peut défendre la citoyenneté en l’emmurant dans un conservatisme frileux, borné par une prétendue qualité de sang.

On ne peut bâtir l’avenir en le fondant sur la peur, la méfiance et le repli sur soi.

On ne peut défendre la nation en la figeant dans un immobilisme stérile, alors que l’histoire n’a cessé de nous en prouver la vitalité et l’évolution.

On ne peut prétendre à la souveraineté sans l’inscrire impérativement dans une alliance européenne profonde dont il nous faut poursuivre, en la corrigeant, la construction.

En cette période de vœux, je formule celui qu’après la reconnaissance des questions que vous posez, vienne le moment de la conscience du caractère superficiel et mortifère des réponses que vous proposez. Qu’à l’obéissance à des réflexes de peur, de colère et d’égoïsme, succèdent des choix issus du courage, de l’optimisme, du réalisme et de l’ouverture. C’est à cette condition, non seulement que nous renouvellerons notre système politique avant, peut-être, qu’il n’achève de vous absorber, mais aussi que votre mouvement, à l’image du poujadisme dont il est issu, retrouve sa place, utile, d’agitateur politique marginal.

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