EDITO FEVRIER 2015

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Souvenirs, Souvenirs….

  C’est avec un sentiment de nostalgie, presque attendrie je l’avoue, que j’ai appris la nomination de Monsieur Martinez à la tête de la CGT ! C’est toute ma jeunesse que nos « travailleurs » cégétistes viennent d’exhumer : Marchais et sa caricature par Le Luron (à moins que ce ne soit l’inverse ?), la dictature du prolétariat, le Programme Commun, les amphis surchauffés, le Grand Capital, la casquette de Krasucki….  Bien sûr, les moins de 30 ans (40 ?) ne pourront comprendre et ne verront dans cette élection que le désespérant balbutiement d’une organisation obsolète en panne de souffle et de vision. Le seul intérêt des souvenirs est de nous donner quelques pistes de compréhension et de comparaison. Souvenir triste cette fois que me renvoie l’élection (il est vrai due à une procédure tournante) à la tête de l’Union Africaine d’un vieux révolutionnaire dont la sénilité ne peut excuser trente ans de cruauté, de cupidité et d’absurdités économiques. Cette élection malheureuse nous renvoie à l’Afrique de mes vingt ans, heureusement en voie de disparition, des Amin Dada, Mobutu et Bokassa. Souvenir aussi, indirect mais terrifiant, d’une peste brune que la peste noire de Boko Haram et Daech incarnent 70 ans plus tard. La dynamique africaine est pourtant là et considérable, elle est une opportunité humaine et économique que nous devons saisir et partager. La présence massive des chinois, comme celle, plus récente des américains, une croissance annuelle de 5% à 10 %, l’engagement tchadien et Nigérien contre un terrorisme qui n’a d’islamique que le nom, en sont des manifestations concrètes. Souvenir terrible que me rappelle ce conflit ukrainien, quand aux portes de l’Europe explosait l’après Tito. Souvenir joyeux de notre engagement européen, quand on voit le couple franco-allemand s’engager, ensemble et avec détermination, en particulier dans la recherche d’une solution pacifique susceptible de s’imposer à l’ours russe. L’Europe, devenue incompréhensible parce que de chiffres, est face à une obligation de mutation profonde pour redevenir un espoir, un idéal de paix et de prospérité. Sa chance est qu’elle semble devenir un vecteur politique crédible, susceptible de transformer nos Hommes politiques en Hommes d’Etat. L’arrogance et le catastrophisme ambiants qui sévissent depuis des années, cèdent progressivement la place à une ouverture prodigieuse sur le Monde, grâce en particulier à une jeunesse qui voyage, qui communique et qui compare), et à une génération d’entrepreneurs (en particulier des femmes) décomplexés qui investissent massivement les nouvelles économies. Même notre classe politique, qui écoute encore majoritairement les bruits plutôt que la tendance, qui traite généralement les questions de long terme avec des raisonnements à court terme, semble frémir et prendre doucement conscience que sa survie passe par plus d’écoute et de courage. Nous vivons une époque (presque) formidable !

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