Edito Yves Delafon Juillet 2016

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« Il sait ce qu’il me doit ! »

 

Prononcée par le Président de la République lors de son « Dialogue avec les citoyens », à propos du Ministre de l’Economie, cette phrase est aussi choquante que significative. Elle est choquante, car supposant que le devoir d’un responsable politique serait une fidélité clanique plutôt que celle de ses convictions propres. Elle est significative, car exemplaire d’un fonctionnement de type monarchique, celui des « obligés », du clientélisme, des prébendes, d’une organisation politique initiatique et caporalisée.

Un Ministre de l’Economie doit-il sa position, son ministère, à une faveur du Chef de l’Etat? Le Président le nomme-t-il, au-delà de ses compétences, pour son allégeance présumée ? C’est ce que sous entendait le Président le 14 avril et le 14 juillet. Et c’est affligeant. François Hollande aurait certainement gagné en crédibilité et en autorité en remerciant le Ministre, s’inspirant ainsi du « Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne » de Jean Pierre Chevènement. Il est vrai que cela supposerait un courage de convictions, et non pas de calcul politique. Depuis le 12 juillet et son discours à la Mutualité, le Ministre de l’Economie doit également s’inspirer de cet exemple de bon sens pour trouver pleinement sa liberté. Si c’est bien ce qu’il recherche.

A son niveau de responsabilités, Emmanuel Macron ne doit rien au Président ! En raison des attentes et des enjeux auxquels répond son discours, Emmanuel Macron ne doit rien au Président ! Et sa voix, originale, doit s’exprimer, librement, pour participer au renouveau de notre système politique. Il n’est ni providentiel, ni unique, ni seul. Son projet est inachevé, voire inexistant. Tant mieux, il reste à construire autour de convictions affirmées. Et à ce titre, celles de la Liberté, de la Solidarité et de l’Europe sont fondatrices. Probablement largement hors des partis traditionnels dont l’ADN est la conservation plutôt que l’évolution.

L’innovation, la prise de risque, l’enthousiasme, l’imagination et la remise en cause de toute évidence, sont des caractéristiques de l’Entrepreneur. Ce dernier ne peut être limité à l’industrie, aux services ou au commerce. Il est également présent, et indispensable, non seulement dans le sport, la culture, les arts, mais aussi dans la vie de la cité, l’organisation de la société, dans…la politique.

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